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Raúl Rivero interviewé par Reporters sans frontières

7 avril 2005 · Commenter

Emprisonné à Cuba lors de la vague répressive de mars 2003, condamné à vingt ans de prison pour « conspiration » contre l’Etat, Raúl Rivero a été relâché et assigné à résidence pour raison de santé, le
30 décembre 2004. « A ma sortie de prison sous “licence extrapénale”, a-t-il expliqué, les autorités m’ont dit que je pouvais continuer à écrire mais seulement comme poète. » Il a évoqué la situation d’Oscar Espinosa Chepe, libéré en même temps que lui, qui « a cessé d’écrire par peur ».

Avant son départ pour l’Espagne, les autorités cubaines ont voulu donner à Raúl Rivero un permis de sortie « définitif ». « Finalement, ils l’ont changé en permis de sortie pour deux ans, passés lesquels je ne pourrai pas revenir. »

Le journaliste a attribué sa sortie du pays « à la volonté de dialogue du nouveau gouvernement espagnol et en même temps à la pression médiatique, en particulier en Europe et dans les milieux de gauche ». Il croit également que « le régime cubain a monnayé un assouplissement de la position de l’Union européenne concernant Cuba et un vote favorable à la Commission des droits de l’homme des Nations unies ».

Les Etats-Unis ont déjà posé une motion de défiance contre Cuba. « Si l’Union européenne s’abstient de la voter, ce sera une victoire pour le régime cubain ». Raúl Rivero a également souligné que « Fidel Castro donne des gages de bonne conduite avant le prochain Sommet ibéro-américain à Salamanque et qu’il est un inconditionnel du roi Juan Carlos (qu’il souhaite recevoir à Cuba) ».

Mais sur le fond, Raúl Rivero reste lucide. « Le gouvernement cubain est léniniste, machiste, préparé pour la guerre et non pour la paix », a déclaré le journaliste qui conseille à Reporters sans frontières de « maintenir un ton vigoureux et exigeant car il y a des prisonniers politiques dans une situation humanitaire grave ». Selon lui, le nombre de dissidents emprisonnés s’élèverait à deux cents.

Soucieux du sort des journalistes détenus, Raúl Rivero a supposé « que les conditions pénitentiaires s’étaient améliorées pour certains d’entre eux ». Il a cité José Luis García Paneque, dont l’état de santé est alarmant, transféré depuis peu dans un hôpital militaire de La Havane.



Il a également évoqué les cas de Ricardo González Alfonso, correspondant de Reporters sans frontières, et de Omar Rodriguez Saludes, « qui restent emprisonnés, mais dans des conditions meilleures qui pourraient être le prélude à leur libération ». Optimiste, Raúl Rivero a tablé sur « la libération prochaine de huit dissidents » et a souligné qu’il y aurait « de plus en plus de journalistes à sortir de prison et de Cuba », malgré les difficultés que fait le régime pour accorder des visas de sortie.


source : Reporters sans frontières

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Cet article a été publié le Jeudi 7 avril 2005 à 12:45 par olivier languepin et est classé dans droits de l'homme, libertés. Vous pouvez en suivre les commentaires par le biais du flux RSS 2.0. Vous pouvez laisser un commentaire, ou faire un trackback depuis votre propre site.