Emprisonné à Cuba lors de la vague répressive de mars 2003, condamné à vingt ans de prison pour « conspiration » contre l’Etat, Raúl Rivero a été relâché et assigné à résidence pour raison de santé, le
30 décembre 2004. « A ma sortie de prison sous “licence extrapénale”, a-t-il expliqué, les autorités m’ont dit que je pouvais continuer à écrire mais seulement comme poète. » Il a évoqué la situation d’Oscar Espinosa Chepe, libéré en même temps que lui, qui « a cessé d’écrire par peur ».
Avant son départ pour l’Espagne, les autorités cubaines ont voulu donner à Raúl Rivero un permis de sortie « définitif ». « Finalement, ils l’ont changé en permis de sortie pour deux ans, passés lesquels je ne pourrai pas revenir. »
Le journaliste a attribué sa sortie du pays « à la volonté de dialogue du nouveau gouvernement espagnol et en même temps à la pression médiatique, en particulier en Europe et dans les milieux de gauche ». Il croit également que « le régime cubain a monnayé un assouplissement de la position de l’Union européenne concernant Cuba et un vote favorable à la Commission des droits de l’homme des Nations unies ».
Les Etats-Unis ont déjà posé une motion de défiance contre Cuba. « Si l’Union européenne s’abstient de la voter, ce sera une victoire pour le régime cubain ». Raúl Rivero a également souligné que « Fidel Castro donne des gages de bonne conduite avant le prochain Sommet ibéro-américain à Salamanque et qu’il est un inconditionnel du roi Juan Carlos (qu’il souhaite recevoir à Cuba) ».
Mais sur le fond, Raúl Rivero reste lucide. « Le gouvernement cubain est léniniste, machiste, préparé pour la guerre et non pour la paix », a déclaré le journaliste qui conseille à Reporters sans frontières de « maintenir un ton vigoureux et exigeant car il y a des prisonniers politiques dans une situation humanitaire grave ». Selon lui, le nombre de dissidents emprisonnés s’élèverait à deux cents.
Soucieux du sort des journalistes détenus, Raúl Rivero a supposé « que les conditions pénitentiaires s’étaient améliorées pour certains d’entre eux ». Il a cité José Luis GarcÃa Paneque, dont l’état de santé est alarmant, transféré depuis peu dans un hôpital militaire de La Havane.
Il a également évoqué les cas de Ricardo González Alfonso, correspondant de Reporters sans frontières, et de Omar Rodriguez Saludes, « qui restent emprisonnés, mais dans des conditions meilleures qui pourraient être le prélude à leur libération ». Optimiste, Raúl Rivero a tablé sur « la libération prochaine de huit dissidents » et a souligné qu’il y aurait « de plus en plus de journalistes à sortir de prison et de Cuba », malgré les difficultés que fait le régime pour accorder des visas de sortie.
source : Reporters sans frontières





























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