La révolution qui a portée au pouvoir Fidel Castro en 1959 fetera en 2005 son 47e anniversaire avec un éventail de promesses populaires jamais réalisées et les indices d’émigration les plus hauts de toute son histoire, bien que les statistiques officielles assurent que l’économie cubaine a crû de 11.8 pour cent. L’année 2005 se termine avec des chiffres d’émigration illégale depuis l’île seulement comparables avec l’exode des balseros de 1994 et celui de Mariel en 1980.
Le Service des Garde-côtes des Etats-Unis a intercepté en haute mer 2.866 immigrants cubains clandestins, tandis que plus de 2.000 ont obtenu de prendre pied sur le territoire américain.
Les données de la police des Frontalière américaine indiquent que pendant la période qui a courru jusqu’en septembre 2005, ils ont vu arriver 2.530 Cubains par les côtes de la Floride et 7.610 l’ont fait par les frontières du Mexique et du Canada, les deux chiffres constituant un record pour la décennie.
La tendance croissante à l’éxil des Cubains s’ est réaffirmée dans les derniers trois mois de cette année: 714 ont obtenu de fouler la terre ferme, en majorité par des opérations de contrebande humaine. Si on ajoute les 2.400 cubains retenus au Mexique comme voyageurs potentiels aux USA, et environ 300 qui ont voyagé au Honduras en utilisant la ”route du sud”, les perspectives de contrôler la diáspora du peuple cubain semblent irréalisables à court terme.
Avec les effets d’une sécheresse sévère, la population a dû faire face au passage dévastateur des ouragans Dennis et Wilma, qui ont provoqué officiellement des pertes de plus de 2 milliards de dollars, avec milliers de maisons partiellement détruites.
L’industrie sucrière a été virtuellement déclarée morte par Castro en reconnaissant que la récolte de 1.3 million de tonnes a été la plus mauvaise depuis 1908, quand la production avait atteint les 900.000 tonnes. ”Le sucre ne reviendra plus dans ce pays, il appartient au temps de l’esclavage” a déclaré Castro.
Enthousiasmé par les hauts prix du nickel, les accords signés avec la Chine et le soutien du pétrole vénézuélien, le gouvernement cubain a décidé de continuer le démantèlement des timides réformes économiques qui ont servi de palliatif à la crise des années 90, connue comme “période spéciale”. Castro a proclamé ”la libération monétaire ”du dollar et il a imposé par décret deux ré-évaluations du peso convertible, en même temps qu’il a mis en oeuvre des augmentations dans les salaires, pensions et versements de la sécurité sociale pour 1.5 million de citoyens, mais uniquement en pesos cubains.
Les renforcements des contrôles étatiques dans la sphère économique ont été accompagnés de nouvelles poussées propagandistes, avec des promesses de distribution de marmites pour cuire le riz et d’ampoules fluorescentes pour arrêter le gaspillage d’énergie. L’enfant Elián González, transformé en icone des triomphes révolutionnaires, a prononcé son premier discours devant la Tribune Antimperialiste à La Havane, publié dans le quotidien du parti communiste Granma .
Un nouveau chef du Bureau d’Intérêts des USA à La Havane, Michael Parmly, remplace James Cason, fortement attaqué par le régime. Après avoir qualifié son comportement initial de “respectueux”, Castro l’a récemment qualifié de « bandidito » (petit bandit).
De son côté l’opposition interne a donné des preuves de rétablissement et de ténacité en tenant le 20 mai un congrès historique, organisé par l’Assemblée pour Promouvoir la Société Civile à Cuba dirigée par l’opposante Marta Béatriz Roque. Bien que le gouvernement cubain se soit abstenu de réprimer cette réunion dans un premier temps, il a par la suite déclenché une campagne de harcèlement contre les opposants de toutes tendances, y compris d’agression physiques et violentes connues comme “actes de repudio”.
Mais le plus grand triomphe du mouvement des droits de l’homme à Cuba appartient aux Dames en Blanc, groupement proamnistie qui a reçu le Prix Sakharov du Parlement Européen en 2005. Les dames en Blanc n’ont cependant pas obtenu l’autorisation de sortir de Cuba pour aller recevoir leur récompense à Strasbourg (siège du parlement européen en France).
Du Groupe des 75 opposants et journalistes incarcérés et condamnés en 2003, les journalistes Raúl Rivero et Manuel Vázquez Portal on obtenu de partir en exil après avoir été libérés pour raisons de santé.
L’année 2005 restera aussi comme celle de deux immenses pertes dans le monde culturel de l’exil : l’auteur Guillermo Cabrera Infante, décédé en février à Londres à 75 ans, et le danseur Fernando Bujones, qui est mort en novembre à Miami à 50 ans.













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