Une délégation bolivienne présidée par le chancelier David Choquehuanca se trouve à Caracas « pour finir les négociations et garantir des marchés pour les produits boliviens », a expliqué le mandataire mardi dans la nuit à Cochabamba pendant une rencontre avec ses partisans.
Il a déclaré que l’accord permettra à la Bolivie d’exporter de la coca au Vénézuéla et à Cuba. « Je veux dire aux agriculteurs de Santa Cruz qu’ils ne soient pas préoccupés par le soja parce que nous avons déjà un marché. Le Vénézuéla s’ engage à acheter tout le soja bolivien », a t-il ajouté.
Morales a rejeté le TLC avec les Etats-Unis et à sa place a proposé en mars un TCP pour « promouvoir un commerce juste et équilibré » entre les peuples. Il avait alors déclaré que la proposition commerciale américaine « produira davantage de pauvreté et de chômage » .
Morales a assuré que son initiative a été soutenue par le président vénézuélien Hugo Chávez qui a accepté de la promouvoir dans le cadre de sa proposition appelée ALBA (Alternative Bolivariene pour l’Amérique latine et les Caraïbes).
Avec la convention entre les trois pays, la Bolivie pourra exporter des feuilles de coca vers le Vénézuéla et à Cuba, des textiles et des produits manufacturés, a expliqué Choquehuanca depuis Caracas dans une entrevue avec radio Fides mercredi.
En Bolivie, la feuille de coca a des utilisations alimentaires, pharmaceutiques et dans des rites indigènes largement répandus. Des groupes liés au trafic de drogues l’utilisent aussi pour fabriquer de la cocaïne.
Pour le sénateur d’opposition Oscar Ortiz, la politique commerciale internationale de Morales est un « suicide économique » pour la Bolivie qui « perdra des marchés ».
Il a expliqué que la coopération vénézuélienne « est une aide nuisible» parce que Caracas prétend acheter le grain de soja à des faibles prix quand la Bolivie pourrait exporter huile et d’autres dérivés des oélagineux. « Nous devons vendre avec valeur ajoutée et nous devons parier la dessus », a t-il ajouté.
L’annonce de la signature d’un TCP entre les trois pays se produit en pleine crise politique et commerciale de l’Amérique Latine.
C’est le président du Venezuela Hugo Chavez qui a été à l’origine de cette mini-crise politique, en annonçant le week-end dernier sa décision de se retirer de la Communauté andine des nations (CAN), zone de libre-échange imparfaite regroupant aussi la Colombie, l’Equateur, la Bolivie et le Pérou, et à laquelle Caracas reproche de ne servir « que les multinationales ». Compte tenu des mirobolantes ressources pétrolières du Venezuela et de la volonté affichée de Chavez de jouer un rôle moteur dans la région, ce retrait est loin d’être anodin.
Le nouveau président indien de la Bolivie, Evo Morales, proche de Chavez, a tenté de le faire revenir sur sa décision, mais ce dernier a fait savoir qu’il ne ferait marche arrière que si la Colombie et le Pérou renonçaient à leurs accords de libre-échange avec les Etats-Unis, signés en février et en avril derniers. Ce qui semble très improbable alors que Washington multiplie les accords bilatéraux et négocie actuellement avec l’Equateur.





























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