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Le retour de Cuba au sein de l’OEA “lointain et difficile”

8 juin 2006 · Commenter

L’assemblée de l’Organisation des Etats américains (OEA), qui a pris fin le mardi 6 juin à Saint-Domingue, a-t-elle été marquée par les polémiques ?

Il existe des difficultés entre le Venezuela et le Pérou, mais je ne crois pas qu’on puisse parler de division en Amérique latine. Sept élections ont eu lieu depuis décembre 2005. Après les six scrutins qui doivent être organisés d’ici fin 2006, le ton va baisser. Nous n’avons jamais connu une période aussi chargée, il est normal que les esprits s’échauffent durant une campagne électorale.

L’OEA ne se préoccupe pas de savoir si les gouvernements sont de gauche, de droite ou du centre. L’important est qu’ils respectent les règles démocratiques, la charte de l’OEA. Je suis favorable au libre-échange, mais je n’ai pas, en tant que secrétaire général de l’OEA, à me prononcer sur le fait qu’un pays signe ou non un accord de libre commerce.

La tension monte entre Washington et Caracas. Que pouvez-vous faire pour calmer le jeu ?

Il faut distinguer entre la rhétorique, qui me semble excessive, et les relations économiques qui restent excellentes. Avec des exportations de 9,2 milliards de dollars au cours des premiers mois de cette année, le Venezuela figure parmi les principaux partenaires commerciaux des Etats-Unis.

Je pense que les intérêts économiques prédominent même si des éléments idéologiques peuvent créer des difficultés. Mais lorsqu’il s’agit de problèmes entre deux pays, l’OEA ne peut agir qu’à leur demande commune.

L’absence de la secrétaire d’Etat Condoleezza Rice est-elle une manifestation du manque d’intérêt des Etats-Unis pour l’Amérique latine ?

Son absence a provoqué une certaine désillusion, compensée par le fait qu’elle a été remplacée par le sous-secrétaire Robert Zoellick, bien connu en Amérique latine en raison de son rôle dans les négociations commerciales. C’est une tradition regrettable, mais la diplomatie américaine consacre beaucoup plus de temps à ses adversaires qu’à ses amis.

Cuba doit-il rester à l’écart de l’OEA ?

Lorsque j’étais ministre des affaires étrangères (du Chili), j’ai toujours été favorable à la reprise du dialogue avec Cuba. Je n’ai jamais été optimiste au point de penser que l’ouverture de ce dialogue permettrait de réintégrer Cuba à l’OEA. Je continue néanmoins de penser qu’il serait bon d’établir ce dialogue. Ceux qui parlent de transition à Cuba vont devoir comprendre qu’il faudra parler avec ceux qui ont un minimum de relation avec l’île, avec le gouvernement de Cuba et les forces internes. Le retour de Cuba (à l’OEA) me paraît lointain et difficile car il suppose un minimum de consensus, mais il faudrait rétablir le dialogue et améliorer la connaissance de ce pays proche de nous.

Propos recueillis par Jean-Michel Caroit correspondant permanent du Monde en République Dominicaine.

Article paru dans l’édition du 08.06.06

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Cet article a été publié le Jeudi 8 juin 2006 à 8:57 par olivier languepin et est classé dans Non classé. Vous pouvez en suivre les commentaires par le biais du flux RSS 2.0. Vous pouvez laisser un commentaire, ou faire un trackback depuis votre propre site.