Après avoir été
soumis à un interrogatoire par des agents du
ministère de l’Intérieur, les journalistes ont
été contraints de remonter dans le même avion
pour quitter l’île, au motif qu’ils ne
disposaient pas du visa de travail nécessaire
pour exercer leur métier sur le territoire.
« Le gouvernement cubain, habitué à surveiller la
presse étrangère, a renforcé son contrôle sur
l’accès à l’île. Il ne faut pas s’étonner que les
journalistes tentent d’entrer dans le pays avec
des visas de touristes - pour accomplir leur
devoir d’information - tant il est devenu
difficile d’obtenir des visas de presse. La
situation que traverse actuellement le pays
mérite que la presse étrangère soit librement
autorisée à entrer à Cuba. Le régime semble
vouloir éviter que de trop nombreux reporters
soient présents dans l’île dans ce contexte plein
d’incertitude. C’est regrettable. Il est
indispensable que les autorités accordent sans
restrictions aux journalistes étrangers des visas
d’entrer et qu’ils les laissent exercer librement
leur profession, sans obstacles, ni hostilités »,
a déclaré Reporters sans frontières.
« Au delà du sort de la presse étrangère, nous
sommes inquiets pour les journalistes
indépendants qui ont été indirectement menacés
par de hauts responsables de l’armée de ne pas
créer de désordre. Nous restons également très
vigilants quant à l’action des autorités à
l’encontre des 23 journalistes emprisonnés à Cuba
», a ajouté l’organisation.
Plusieurs journalistes étrangers, notamment
Alvaro Ugaz, de la radio péruvienne RPP, et Mario
Antonio Guzmán, de la station chilienne Radio
Cooperativa, ont tenté, le mercredi 2 août 2006,
d’entrer dans le pays, mais ils ont été
interpellés à l’aéroport José Martí, où les
autorités ont refusé de les laisser passer.
Ils ont par ailleurs été soumis à un
interrogatoire sur les raisons de leur visite.
Après avoir expliqué qu’ils étaient venus pour
couvrir la situation créée par l’état de santé de
Fidel Castro, les journalistes ont été expulsés
par les agents de la sécurité, après une heure
d’attente et d’interrogatoire. Selon les
autorités, ils ne disposaient pas d’un visa
spécial de travail. Intransigeantes sur ce point,
les autorités ont ordonné aux journalistes de
remonter dans l’avion qui venait de les déposer,
déclarant que dorénavant, “tous les journalistes
arrivant avec un simple visa de touriste seront
expulsés”. Selon Mario Antonio Guzmán, le visa
demandé par les autorités cubaines nécessite des
démarches lourdes, avec un délai d’obtention
pouvant aller jusqu’à 21 jours. Les journalistes
avaient jugé ces délais trop longs et avaient
décidé de voyager avec un visa de tourisme.
D’autres journalistes, notamment du Washington
Post et du Miami Herald, ont également été
refoulés par les autorités. Juan Tamayo,
directeur des correspondants du Miami Herald, a
indiqué qu’un de ses journalistes, dont le nom ne
sera pas divulgué, avait été expulsé après avoir
présenté son visa de touriste et expliqué qu’il
venait exercer son métier de journaliste à Cuba.
Il a été expulsé, via Panamá.
Depuis l’annonce de l’hospitalisation de Fidel
Castro, les ambassades cubaines ont multiplié les
refus de visas, ou n’ont pas donné suite aux
demandes des journalistes. Depuis plusieurs
années, le régime castriste délivre de manière
très sélective les autorisations à la presse
internationale. Les médias considérés comme
“dangereux” pour la stabilité nationale sont
régulièrement privés d’accès à l’île. Des
dizaines de journalistes étrangers ont par
ailleurs été expulsés de l’île au cours des
dernières années.













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