«Le temps est venu de constater que le mandat renouvelé d’année en année conduit à une forme d’impasse en raison du refus des autorités cubaines de tout contact», a déploré Mme Chanet, qui présentait pour la 4ème année consécutive un rapport faisant état de violations des droits de l’homme à Cuba.
Mme Chanet a préconisé que le Conseil fasse usage des nouvelles prérogatives qui lui ont été dévolues, notamment en matière de «revue périodique universelle» du respect des droits de l’homme. Selon les règles instaurées pour le Conseil des droits de l’homme, installé cet été, les États membres du Conseil, dont Cuba, doivent se soumettre à cette procédure, encore à définir précisèment.
Cette démarche permettrait de ne pas prêter le flanc aux critiques de La Havane qui assure être victime d’une campagne de stigmatisation orchestrée par les États-Unis, a expliqué un diplomate à l’AFP.
L’ambassadeur de Cuba à Genève, Juan Antonio Fernandez Palacios, a répliqué en demandant à Mme Chanet de «démissionner immédiatement» et en l’accusant d’être «le rapporteur spécial de Washington».
Le diplomate cubain a dénié toute «crédibilité» au rapport de la représentante de Mme Arbour et a annoncé qu’il lui fera «suivre le chemin des précédents rapports : la corbeille du papier à recycler».
Dans son rapport, Mme Chanet déplore à nouveau «la vague de répression sans précédent» du printemps 2003 qui a mené à l’arrestation de 80 opposants, et énumère en annexe la liste des 60 prisonniers encore «détenus arbitrairement».
«La situation ne s’est pas améliorée, et c’est un euphémisme», a-t-elle dit mardi devant le Conseil.
Mme Chanet demande notamment la «libération des personnes qui n’ont commis aucune violence» et «la promotion du pluralisme en matière d’associations, de syndicats, d’organes de presse et de partis politiques».
Cuba est le seul Etat a ne jamais permettre de visite des organisations internationales. L’unique visite de la Croix-rouge internationale dans les prisons cubaines remonte à 1988.
Aucune statistique officielle connue ne permet de donner une idée du nombre de personnes emprisonnées à Cuba, régulièrement estimé entre 100 et 150.000. Le régime castriste s’est doté en 45 ans d’un véritable “goulag tropical”, avec plus de 100.000 détenus aujourd’hui contre moins de 4.000 avant son arrivée au pouvoir.
Président de la Commission cubaine pour les droits de l’homme et la réconciliation nationale (CCDHRN, interdite), Elizardo Sanchez Santa Cruz, lui-même ancien prisonnier politique, a déjà à plusieurs reprises souligné “l’hypertrophie du système carcéral” cubain, passé de 14 prisons en 1958 à plus de 200 aujourd’hui.
Les affirmations de M.Sanchez n’ont jamais été publiquement démenties par le gouvernement cubain. L’unique visite de la Croix-rouge internationale dans les prisons cubaines remonte à 1988. Elle a donné lieu à un rapport qui a mécontenté les autorités et est resté “très confidentiel”, selon M. Sanchez.
“La torture physique n’est pas la règle à Cuba”, selon lui, mais “la torture psychologique est régulièrement pratiquée”, sous forme d’isolement du prisonnier dans des cellules minuscules, surchauffées, mal aérées, sans eau courante, et accompagnée parfois de privation de sommeil pour l’obtention d’aveux.













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