Hugo Chavez, “représente une bouée de sauvetage qui a prolongé l’existence du régime, mais il ne pourra pas le sauver, car la situation à Cuba est terrible, tout est en train de s’effondrer”, a-t-il affirmé lors d’un entretien avec l’AFP.
La passation de pouvoir temporaire entre Fidel et son frère Raul, qui assume depuis fin juillet la présidence de Cuba, sonne “le début de la fin”, “c’est une question de mois”, a estimé le dissident cubain, en visite à San José.
“Nous n’avons pas suffisamment d’éléments pour savoir si Fidel est condamné à mourir, mais il est mal en point, et je crois que son frère Raul n’est pas en mesure de lui succéder car c’est un incapable, c’est un éternel second”, a-t-il affirmé.
Par ailleurs, Huber Matos a regretté la division des groupes d’opposants cubains en exil, notamment à Miami, qui sont entrés dans un combat “à feu et à sang, au lieu d’unir leurs efforts pour être prêts lors de la chute du régime”.
Le commandant Huber Matos a été un des principaux protagonistes de la révolution cubaine, aux cotés de Che Guevara, de Camilo Cienfuegos et de bien d’autres, qui ont lutté avec Fidel Castro pour jeter dehors Batista et rétablir la démocratie à Cuba. Car tel était bien le projet initial qui regroupait des hommes venus souvent d’horizons très différents : or comme l’immense majorité des membres de la guerilla, Huber Matos n’est pas communiste.
Commandant de la région de Camaguey, Huber Matos commence à prendre ses distances avec Fidel Castro qui esquive ses questions sur la dérive communiste de la Révolution. Lassé de ne pas être entendu, il remet sa lettre de démission à Castro, qui est publiée en annexe de son livre. Ce sera d’ailleurs son seul crime. Une trahison inacceptable pour Castro qui le fait condamner à 20 ans de prison au cours d’un “procès”, monté de toutes pièces, et qui ne sera pas le dernier de la sinistre histoire judiciaire de la révolution cubaine.
Lorsqu’on demande à Huber Matos de porter l’uniforme des détenus de droit commun, il refuse. On lui confisque ses vêtements et il reste plus d’une année en caleçon dans sa cellule où les murs suintent l’humidité. Pour récupérer son uniforme il entame une grève de la faim : on le frappe et l’alimente de force avec un tuyau dans lesquels on verse de la soupe bouillante. Au bout de six mois de ce traitement , il pèse 55 kg et est à moitié sourd. Alors qu’il est en train de mourir , un “médecin” du G2 (la police politique cubaine) est chargé de le “soigner”. Pour s’assurer qu’il est encore en vie il lui enfonce régulièrement le talon de sa chaussure dans l’estomac, ou lui casse quelques cotes pour voir s’il a encore la force de crier. On lui arrache une dent en mauvaise état sans anesthésie, et autres traitement médical “de faveur”. A la suite d’un des nombreux tabassages dont il est victime, son bras est à moitié paralysé : on commence à le soigner au bout d’un an.
Huber Matos a récemment publié ses mémoires dans un livre intitulé “Et la nuit est tombée” . Un livre bouleversant, par ce qu’il contient d’horreurs et d’espérances déçues ; il est aussi un document unique sur l’une des figures majeures de notre temps, Castro, dont Matos nous trace un portrait au quotidien, sans haine, et une exceptionnelle leçon de courage comment survivre au goulag cubain.













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