Cuba d’un Castro l’autre : sans surprise c’est finalement le scénario “coréen” d’une succession familiale dans le clan le Castro qui est validé. Totalement absent du processus de décision, le peuple cubain spectateur de son histoire depuis un demi siècle, n’a plus qu’a attendre la suite d’un épisode somme toute habituel dans les dictatures communistes.
Cuba sans Fidel Castro ? Depuis un certain temps toutes les interrogations et les prévisions semblent se concentrer autour d’un seul événement : la disparition, ou la retraite anticipée de celui qui a personnalisé la révolution cubaine pendant près d’un demi siècle. Avec le cadavre du « comandante », on enterrerait ainsi paisiblement et sans remords, une sorte d’accident dans la chronologie cubaine.
En vérité cette perspective ne semble pas très réaliste : il sera sans doute difficile de rayer d’un trait de plume une expérience de collectivisation aussi radicale, ne serait ce que parce que Cuba a accumulé un retard économique considérable pendant cette période.
Aujourd’hui le capitalisme d’Etat pratiqué sans vergogne par Cuba avec l’appui des investisseurs européens, a construit autour des frères Castro une petite caste de privilégiés qui pourrait bien préfigurer ce que sera le Cuba de demain. Les généraux détenteurs du pouvoir économique entendent bien garantir leur avenir contre les aléas que représentent la succession de Fidel Castro.
Les hiérarques de l’armée, très engagés dans l’économie touristique, se satisferont très bien d’une transition dynastique façon Corée du Nord. L’héritier intronisé en la personne de Raul Castro commandant en chef des FAR (Forces armées Révolutionnaires) n’a certes pas le charisme de son frère, mais de façon très pragmatique il a su concéder à ses généraux un pouvoir étendu aussi bien au bureau politique, que dans les grandes entreprises étatiques. Cette solution qui pourrait s’accompagner d’un début de libéralisation « à la chinoise » (création d’un secteur privé de petites entreprises pour dynamiser l’économie, et maintien d’une dictature du parti unique) est la plus probable.
Avec Raul Castro, le danger est grand de voir s’installer une junte militaire à la vietnamienne, mélange d’affairisme et de répression accrue. Les généraux et hauts responsables du parti préféreront certainement se consacrer à la gestion des hôtels et des mines de Nickel, plutôt qu’ à la tâche peu réaliste de construire un paradis prolétaire sur terre.


















3 reponses ↓
1 Paco // 3 mar 2008 at 14:03
Arrêtez un peu de dire n’importe quoi.
on peut savoir ce que Cuba vous a fait?
Si vous plaignez tellement les Cubains, je me demande ce que vous dites sur la situation des Palestiniens et de leur Bantoustan?
Vous savez, les enfants fauchés par les bombes?
En fait vous êtes un pauvre type qui essaye de vivre du malheur des gens.
Et vous ne connaissez rien à cuba.
Sinon, la méthode est éprouvée:
D’un côté (en amont), vos potes essayent de bloquer l’économie cubaine et font tout pour entraver son développement (sans parler des campagnes terroristes) et de l’autre (en aval!), on a les pleureuses à dix balles qui mettent en exerguent les probèmes économiques et les travers de la société.
C’est pas joli, joli….
Je n’aimerai pas penser comme vous.
…
2 Marie // 13 mar 2008 at 20:39
“En fait vous êtes un pauvre type qui essaye de vivre du malheur des gens.”
Par cette phrase vous admettez qu’il y a du malheur à cuba .
de plus ce n’est pas parce qu’il y a pire ailleurs qu’on doit se satisfaire
A cuba ce n’est pas le manque de nourriture qui sévit (riz tous les jours)mais le manque de libertés
Pour ce qui est de bloquer l’économie je vous rappelle qu’il n’y a pas que les EU pour l’exportation il y a aussi l’Europe
moi non plus je n’aimerais pas penser comme vous
MC
3 lucho // 1 avr 2008 at 3:40
” vous ne connaissez rien à Cuba” est certainement mal venu concernant O Languepin dont “La faillite d’une Utopie “est une mine de documentation à propos de l’île.
Cuba paradis ou cauchemar ?
La difficulté réside dans le fait que les 2 sont vrais. Personne ne peut nier que les résultats en matière de système de Santé, de niveau d’Education sont parmi les meilleurs de la zone LatinoAméricaine, ainsi que le montre l’Indice de Développement Humain du PNUD, particulièrement élevé, surtout si on le rapporte au niveau de richesse nationale du pays.
De l’autre côté : absence de droits démocratiques et de libertés fondamentales, maillage implacable de la population par la police et les mouchards (les CDR de quartiers bien connus des familiers de Cuba), nécéssité des petits trafics du marché noir omniprésent pour survivre
( là -bas on n’a pas l’impression de trafiquer, on appelle ça “inventar”).
Aujourd’hui, ce qui me frappe lorsque je me rends là -bas c’est autant le désarroi psychologique qui règne chez les quadragénaires ( ceux qui sont nés avec la Révolution) que le désastre économique depuis la “période spéciale” qui a suivi l’arrêt de l’assistance économique soviétique au début des années 90. Désarroi psychologique d’une génération à qui on avait promis des “lendemains qui chantent” s’ils travaillaient dur, et qui découvrent qu’on leur avait menti, que Cuba était un pays à l’économie malade qui n’avait survécu 30 ans que grâce à la perfusion soviétique. Et chacun sait (en dehors de quelques irréductibles aveugles et sourds à la réalité) que la faiblesse de l’économie cubaine est bien plus liée à la politique économique des gouvernants qu’au « bloqueo » etatsunien.
Un pays dans lequel aujourd’hui les jeunes disent préférer devenir barmen dans un hotel pour touristes plutôt qu’ingénieurs ou médecins est un pays qui a de sérieux problèmes.
D’un autre côté, si l’on doit être pauvre en Amérique Latine, probablement vaut-il mieux être pauvre à Cuba!
Toute l’ambivalence de la situation cubaine dans une blague entendue récemment à La Havane :
quels sont les 3 grands succés de la Révolution?
la Santé pour tous, l’Education pour tous et la Culture pour tous.
Et quels sont les 3 grands échecs de la Révolution?
le petit-déjeuner, le déjeuner et le dîner.
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