de Cuba

Pour ne pas voyager les yeux fermés

de Cuba header image 2

Cuba censure ses blogs

31 mars 2008 · 3 Commentaires

Reporters sans frontières exprime sa préoccupation face aux difficultés d’accès des internautes cubains aux blogs de la plateforme desdecuba.com. Cette plateforme héberge notamment Generación Y, le blog de Yoani Sánchez, l’un des plus populaires du pays.
“Difficile de croire qu’au bout de dix jours, desdecuba.com se heurte à de simples problèmes techniques, même si la difficulté à établir une connexion à Internet depuis Cuba est bien réelle. Ces restrictions vont à l’encontre des récentes mesures prises par les autorités pour faciliter l’accès des Cubains aux moyens de communication, et notamment à la Toile. Or, l’un ne va pas sans l’autre. Les gages d’ouverture donnés par Raúl Castro doivent inclure davantage de liberté d’expression”, a déclaré l’organisation.

Depuis le 20 mars 2008, la plateforme desdecuba.com (www.desdecuba.com) est inaccessible à partir des connexions publiques, disponibles dans les cybercafés et les hôtels. Les rares connexions privées, utilisées pour des raisons professionnelles ou dans la clandestinité, demandent au moins vingt minutes pour charger la page d’accueil. La rédaction de commentaires ainsi que leur modération sont impossibles.

La plateforme desdecuba.com comprend une revue en ligne, Consenso, et six blogs, parmi lesquels Generación Y (http://www.desdecuba.com/generaciony), créé en avril 2007 par Yoani Sánchez et régulièrement consulté par de nombreux Cubains. En février 2008, plus d’un million d’internautes ont visité la page de la jeune blogueuse. Par ailleurs, les difficultés d’accès ont également affecté les sites http://www.cu.clasificados.com et http://www.revolico.net, deux pages de petites annonces. L’entreprise publique ETECSA, le seul fournisseur d’accès de l’île, n’a fourni aucune explication à ce sujet.

Les difficultés d’accès aux pages des sites en question surviennent à la fin d’un mois marqué par plusieurs décisions concernant l’assouplissement des conditions d’acquisition privée de certains biens de consommation. Le 28 mars, le gouvernement a fait savoir qu’il autoriserait l’acquisition de téléphones portables et mettrait à disposition de l’ensemble de la population un service de téléphonie mobile. Trois jours auparavant, il avait légalisé la vente d’ordinateurs, de télévisions et de magnétophones, et autorisé l’importation de DVD. De plus, depuis le 31 mars, les Cubains ont le droit de se rendre dans les hôtels, jusqu’à présent réservés aux étrangers. Ils peuvent ainsi accéder au réseau international de la Toile.

Ces mesures s’inscrivent dans une politique d’ouverture économique prônée par Raúl Castro, qui a officiellement succédé son frère, Fidel, à la tête de l’État, le 24 février dernier, après vingt mois de pouvoir intérimaire. Il a promis aux Cubains de mettre fin aux “interdictions et régulations excessives”.


A Cuba, le réseau Internet est très contrôlé. Il existe un réseau “national” qui donne accès à une adresse électronique et permet d’envoyer des e-mails à l’étranger, mais pas de surfer sur Internet. La connexion au réseau “international”, qui coûte trois fois plus cher, permet d’accéder aux sites d’informations étrangers comme ceux de la BBC, du Monde, du Nuevo Herald (quotidien hispanophone de Miami). Mais si l’on tape “google.fr“, on est redirigé vers les pages du journal officiel de Cuba (Granma) ou de l’agence de presse Prensa Latina. Cuba figure sur la liste des “Ennemis d’Internet”, publiée par Reporters sans frontières le 12 mars 2008.

  • Facebook
  • del.icio.us
  • Technorati
  • Google
  • Digg
  • YahooMyWeb
  • StumbleUpon
  • blogmarks
  • Reddit
  • Slashdot

Tags: · ,

3 reponses ↓

  • 1 Jean Guy // 1 avr 2008 at 11:23

    Quand la fin de l’embargo américain permettra à Cuba d’avoir autre chose que le satellite comme connexion Internet, alors on pourra dire que Cuba fait de la censure lorsque les sites Cubains foncitonneront mal… Pour le moment, avec juste le satellite, comment voulez vous qu’ils permettent un accès libre et illimité à tous… à 300 dollars le Giga hors coût d’installation du satellite ??? Alors les USA, vous laissez les frères Castro toucher au câble sous marin qui passe tout prêt de Cuba et on pourra alors vraiment être certain que c’est de la censure lorsqu’on dira que les Cubains n’ont pas accès à Internet. En attendant, on évite de faire de trop rapides raccourcis et on mesure ses propos.

  • 2 Alin Tranca // 1 mai 2008 at 14:06

    Mensonges, mon cher, mensonges. Si Cuba restreint l’accès à Google, pouvez-vous m’expliquer alors pourquoi sur le site http://www.cuba.cu (site cubain, dans le cas où vous ne le remarquerez pas), il y un lien directe pour faire des recherches sur internet et que ce lien vous donne le choix entre plusieurs moteurs de recherche, dont GOOGLE et YAHOO? Expliquez nous, vous qui avez ouvert les yeux!

  • 3 lucho // 4 mai 2008 at 1:07

    Dire que toutes les (réelles) difficultés pour accéder à l’Internet dans l’île sont le fait d’une censure sciemment et systématiquement organisée est peut être un peu exagéré certes, car les problèmes techniques qui existent à l’évidence dans tous les domaines d’activité à Cuba doivent se produire également dans celui-ci, mais vouloir ignorer ou nier la main mise évidente des autorités sur tout ce qui touche à l’accés à l’information et à la possibilité d’échanges avec l’extérieur , c’est tout simplement se boucher les yeux devant la réalité et ne peut que faire du tort au peuple Cubain qui, aujourd’hui, a besoin de bon sens libéré de débat idéologique qui “ni ne se mange ni ne se boit”, comme on dit là-bas. Qui peut réellement croire, quand on connait la presse cubaine et l’information télévisuelle cubaine, que l’accés au Net n’est pas sous contrôle?
    Sur l’accés au Net, je vous livre ( pour le plaisir et pour ce qu’il vaut), traduit pour ceux qui ne lisent pas l’espagnol, l’avis d’un Cubain qui tient , à mon humble avis, un des meilleurs blogs de l’ile (mi isla al medio dia) :

    ACCES LIBRE

    Le Ministère de l’informatique et des communications (MIC) a eu la gentillesse de m’envoyer cet avis :

    “Dans l’objectif de satisfaire la demande croissante de notre peuple pour l’accès à internet, notre ministère a envisagé la création d’un plan spécial pour développer et promouvoir l’usage public d’internet dans notre pays. Ce plan porte le nom d’Inter-rien.

    Dans notre ministère, nous sommes parfaitement conscients de l’importance de l’accès d’internet mais nous savons aussi que c’est une erreur d’ignorer les dangers que contient son usage. C’est pour cette raison qu’il a été décidé que dans un premier temps, l’accès public à internet serait ouvert seulement à certains secteurs déterminés de la population, pendant une certain temps. Au terme de cette période aura lieu l’évaluation du succès obtenu et des problèmes éventuellement rencontrés. Après la réalisation des modifications nécessaires commencera une seconde étape, qui concernera l’ensemble de la population.

    Pour la composition du groupe initial, nous avons cherché un échantillon suffisamment hétérogène, afin de garantir la représentativité de l‘ensemble de la population cubaine.

    Le groupe initial concerne tous les citoyens cubains, résidents à Cuba, qui sont inclus dans l’une des catégories suivantes :

    - Vétérans de la première guerre mondiale
    - Travailleurs participant au projet cubain d’exploration de la planète Mars
    - Sportifs et entraîneurs ayant participé aux derniers Jeux Olympiques d’hiver
    - Survivants du Titanic
    - Lauréats du prix Nobel, quelle que soit la catégorie
    - Retraités de 65 ans ou plus, en bonne santé, capables de courir le 100 mètres en moins de 11 secondes (épreuve exigée)
    - Adolescents (âgés de moins de 15 ans) qui peuvent réciter par cœur un fragment de plus de 20 pages du chef-d’œuvre de Karl Marx : Le Capital (le choix du fragment est libre, tant que la longueur est respectée)
    - Femmes au foyer diplômées du BEPC qui peuvent démontrer avoir lu Ulysse de James Joyce et A la recherche du temps perdu de Marcel Proust (il faudra démontrer la lecture des deux œuvres, épreuve écrite).

    Il existe de plus l’intention d’inclure dans ce premier groupe les personnes qui peuvent prouver avoir vu tous les programmes de la «Mesa Redonda» diffusés jusqu’à ce jour. Ces personnes doivent être en bonne santé psychologique et ne présenter aucun trouble neurologique (certificat médical exigé, et vérification des connaissances par des questions au hasard sur l’émission).

    Comme vous pouvez le voir, ce groupe initial permet une haute représentativité de tous les secteurs de la population (étudiants, travailleurs, intellectuels, scientifiques, sportifs, retraités, et femmes au foyer), ce qui entraîne une garantie du succès du projet.

    Révolutionnairement,

    José Papillon Varela
    Sous-secrétaire du bureau du Ministre pour les réseaux, les câbles, et autres nœuds.

Ecrire un commentaire

Cet article a été publié le Lundi 31 mars 2008 à 20:33 par olivier languepin et est classé dans libertés. Vous pouvez en suivre les commentaires par le biais du flux RSS 2.0. Vous pouvez laisser un commentaire, ou faire un trackback depuis votre propre site.